Dents dévitalisées: conséquences des extractions
Ou comment en croyant régler un problème on en crée d'autres
Personne ne va se faire extraire une dent de gaieté de cœur. Les patients qui acceptent de se faire amputer d'une ou plusieurs dents ont de bonnes raisons de le faire. Tous espèrent obtenir une guérison ou au moins une amélioration de leurs problèmes de santé. Les bruits qui circulent à propos de guérisons miraculeuses obtenues après extractions de dents dévitalisées sont légions. Se débarrasser de ses dents dévitalisées guérirait du cancer (pas moins) et de toutes les maladies dont souffrent la plupart de nos contemporains : du simple mal de dos à la fatigue chronique.
Il faut savoir cependant qu'il en va de la pratique des extractions comme d'un pèlerinage à Lourdes. Beaucoup consentent au sacrifice de leurs dents et beaucoup sont déçus. Les bénéfices parfois spectaculaires obtenus dans certains cas ne doivent pas nous faire oublier les conséquences graves, hélas irréversibles, engendrée par la perte de l'organe dentaire.
Comme nous l'expliquions dans un précédent article, une dent dévitalisée continue de jouer un rôle essentiel grâce au ligament, bien vivant même sur une dent dévitalisée. Le ligament envoie lors des contacts dentaires des informations au cerveau lui permettant d'ajuster la posture par rapport à la pesanteur et à la verticalité. Arracher des dents revient à s'amputer de perceptions dont le manque est de nature à perturber l'organisation posturale dans l'espace.
Occlusion, ATM et posture
Mais il y a plus grave. Par leur engrènement, encore appelé occlusion, les dents, en particulier les molaires, assurent le calage de la mâchoire du bas dans une position qui respecte à la fois le fonctionnement de l'articulation des mâchoires et celui des chaînes musculaires qui parcourent le corps de la tête aux pieds. Toute extraction entraîne un affaissement de la mâchoire du bas, qui a pour conséquence directe une compression de l'articulation. Cette compression est responsable à terme d'un ensemble de symptômes regroupés sous le terme de SADAM. Autre conséquence, les chaînes musculaires entrent en contraction permanente du côté où les dents manquent, ce qui crée une vrille de la posture, avec à la clé toutes sortes de problèmes de dos et d'articulation (arthrite, arthrose, etc.).
Il est donc hautement probable que des extractions vont créer un problème de dos, bien plus qu'elles ne vont le soulager.
Personne ne va se faire extraire une dent de gaieté de cœur. Les patients qui acceptent de se faire amputer d'une ou plusieurs dents ont de bonnes raisons de le faire. Tous espèrent obtenir une guérison ou au moins une amélioration de leurs problèmes de santé. Les bruits qui circulent à propos de guérisons miraculeuses obtenues après extractions de dents dévitalisées sont légions. Se débarrasser de ses dents dévitalisées guérirait du cancer (pas moins) et de toutes les maladies dont souffrent la plupart de nos contemporains : du simple mal de dos à la fatigue chronique.
Il faut savoir cependant qu'il en va de la pratique des extractions comme d'un pèlerinage à Lourdes. Beaucoup consentent au sacrifice de leurs dents et beaucoup sont déçus. Les bénéfices parfois spectaculaires obtenus dans certains cas ne doivent pas nous faire oublier les conséquences graves, hélas irréversibles, engendrée par la perte de l'organe dentaire.
Comme nous l'expliquions dans un précédent article, une dent dévitalisée continue de jouer un rôle essentiel grâce au ligament, bien vivant même sur une dent dévitalisée. Le ligament envoie lors des contacts dentaires des informations au cerveau lui permettant d'ajuster la posture par rapport à la pesanteur et à la verticalité. Arracher des dents revient à s'amputer de perceptions dont le manque est de nature à perturber l'organisation posturale dans l'espace.
Occlusion, ATM et posture
Mais il y a plus grave. Par leur engrènement, encore appelé occlusion, les dents, en particulier les molaires, assurent le calage de la mâchoire du bas dans une position qui respecte à la fois le fonctionnement de l'articulation des mâchoires et celui des chaînes musculaires qui parcourent le corps de la tête aux pieds. Toute extraction entraîne un affaissement de la mâchoire du bas, qui a pour conséquence directe une compression de l'articulation. Cette compression est responsable à terme d'un ensemble de symptômes regroupés sous le terme de SADAM. Autre conséquence, les chaînes musculaires entrent en contraction permanente du côté où les dents manquent, ce qui crée une vrille de la posture, avec à la clé toutes sortes de problèmes de dos et d'articulation (arthrite, arthrose, etc.).
Il est donc hautement probable que des extractions vont créer un problème de dos, bien plus qu'elles ne vont le soulager.
Un exemple parmi d'autres
Madeleine, soixante ans, a des dents dans un état plutôt satisfaisant. À son âge, elle a la chance de les avoir conservées toutes vivantes, à l'exception d'une seule, la première molaire en bas à droite. Précisons que cette dent est radiologiquement saine, sans signe d'infection et cela depuis de nombreuses années.
Mais voilà, Madeleine a entendu parler de la dangerosité potentielle des dents dévitalisées. Madeleine est en excellente santé mais… on ne sait jamais. Et si cette dent lui occasionnait finalement des ennuis ? Prétextant le délabrement et pour s'éviter des problèmes futurs, Madeleine demande à son dentiste de lui extraire cette molaire. Nous avons vu avec le cas de Myriam que les dentistes accèdent plus facilement à ce type de demande quand il s'agit de molaires. Refusant l'implant qui lui est proposé, Madeleine opte pour un appareil partiel en résine pour remplacer la molaire extraite. Hélas l'appareil n'évite pas l'affaissement de la mâchoire qui survient dans les mois qui suivent l'extraction. Il en résulte une inévitable compression de l'articulation de la mâchoire côté droit. Les muscles masticateurs se contracturent pour s'adapter au raccourcissement causé par l'affaissement. Madeleine souffre désormais d'un point de compression permanent au niveau de la tempe droite. À ce niveau, les veines, devenues bleues, ressortent. "Quoi faire à présent ?" s'inquiète Madeleine, effrayée de voir ainsi son visage déformé.
Madeleine, soixante ans, a des dents dans un état plutôt satisfaisant. À son âge, elle a la chance de les avoir conservées toutes vivantes, à l'exception d'une seule, la première molaire en bas à droite. Précisons que cette dent est radiologiquement saine, sans signe d'infection et cela depuis de nombreuses années.
Mais voilà, Madeleine a entendu parler de la dangerosité potentielle des dents dévitalisées. Madeleine est en excellente santé mais… on ne sait jamais. Et si cette dent lui occasionnait finalement des ennuis ? Prétextant le délabrement et pour s'éviter des problèmes futurs, Madeleine demande à son dentiste de lui extraire cette molaire. Nous avons vu avec le cas de Myriam que les dentistes accèdent plus facilement à ce type de demande quand il s'agit de molaires. Refusant l'implant qui lui est proposé, Madeleine opte pour un appareil partiel en résine pour remplacer la molaire extraite. Hélas l'appareil n'évite pas l'affaissement de la mâchoire qui survient dans les mois qui suivent l'extraction. Il en résulte une inévitable compression de l'articulation de la mâchoire côté droit. Les muscles masticateurs se contracturent pour s'adapter au raccourcissement causé par l'affaissement. Madeleine souffre désormais d'un point de compression permanent au niveau de la tempe droite. À ce niveau, les veines, devenues bleues, ressortent. "Quoi faire à présent ?" s'inquiète Madeleine, effrayée de voir ainsi son visage déformé.
Prudence et discernement
Des cas comme celui de Madeleine sont hélas légion. En admettant que cette dent ait effectivement représenté une source de nuisance pour Madeleine (ce qui reste à prouver), était-il sage de troquer une perturbation pour une autre, assurément invalidante et du reste quasiment impossible à traiter ?
Il n'est pas question de conclure de cet exemple qu'il ne faut jamais extraire de dent dévitalisée mais que cette thérapeutique radicale est à réserver aux cas bien précis pour lesquels les bénéfices médicaux espérés (maladie grave) sont supérieurs aux effets secondaires des extractions.
Note: en complément, nous renvoyons le lecteur aux très nombreux ouvrages écrits sur l'articulation des mâchoires ou ATM. Parmis ceux-ci, signalons le Pratikadent, ouvrage didactique qui traite, entre autres, de l'ATM, de l'occlusion et de la posture d'une manière synthétique et accessible à tous.
Retour accueil
Il n'est pas question de conclure de cet exemple qu'il ne faut jamais extraire de dent dévitalisée mais que cette thérapeutique radicale est à réserver aux cas bien précis pour lesquels les bénéfices médicaux espérés (maladie grave) sont supérieurs aux effets secondaires des extractions.
Note: en complément, nous renvoyons le lecteur aux très nombreux ouvrages écrits sur l'articulation des mâchoires ou ATM. Parmis ceux-ci, signalons le Pratikadent, ouvrage didactique qui traite, entre autres, de l'ATM, de l'occlusion et de la posture d'une manière synthétique et accessible à tous.
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22 Février 2008 à 12:02 dans
- Général


