Dent dévitalisée et auto-mutilation
Une demande peu banale
Environ la trentaine, en bonne santé, Myriam me demande de lui extraire la seule dent dévitalisée qui lui reste: une incisive centrale en haut à droite.
J'examine sa radio panoramique. Il lui manque les quatre premières molaires. Elle m'explique que ces quatre dents, dévitalisées, ont été extraites à sa demande par un précédent dentiste. En effet, Myriam, a lu dans un magazine que les dents dévitalisées sont toxiques et depuis, elle n'a qu'une idée, se faire extraire ces organes qu'elle croit dangereux pour sa santé.
Le dentiste qui a consenti à l'extraction des molaires délabrées, refuse catégoriquement de faire subir le même sort à l'incisive centrale de Myriam. On le comprend : radiologiquement, la dent est saine, la racine correctement traitée et sans le moindre signe d'infection. Extraire cette dent, par ailleurs peu abîmée, serait défigurer irrémédiablement le sourire de Myriam. D'autant plus que celle-ci n'a pas les moyens de financer une prothèse de remplacement mais se dit prête à rester édentée !
Myriam me demande de procéder à l'extraction, insiste, supplie même. Je refuse catégoriquement. Elle tente d'infléchir ma décision en se disant prête à s'infliger elle-même cette mutilation si aucun dentiste n'accepte de le faire. Elle part, furieuse, en claquant la porte. Je ne la reverrai jamais.
Note importante
Extraire une dent radiologiquement saine, donc sans motif médical valable, même à la demande expresse du patient et avec sa signature de décharge, expose le dentiste à des poursuites ultérieures du patient déçu de n'avoir pas obtenu la guérison espérée et à une condamnation. Dans un cas semblable, le juge estime que le dentiste n'a pas à donner suite à un acte qu'il estime médicalement injustifié, même avec demande expresse du patient. Cette loi qui trouve ses limites, il est vrai, est faite pour protéger certains patients d'eux mêmes, comme Myriam.
Quand le problème est ailleurs
Cette jeune femme, par ailleurs en pleine santé, faisait d'évidence une fixation sur ses dents dévitalisées et je ne suis pas loin de penser, comme le Dr Estelle Vereeck l'explique très bien dans ses livres*, que l'incisive que Myriam voulait à toute force faire extraire, représentait une facette d'elle-même (l'image féminine, d'après le décodage d'Estelle Vereeck), cristallisant une mémoire négative que la jeune femme cherchait inconsciemment à évacuer. J'ignore ce qu'est devenue Myriam mais j'espère de tout cœur qu'elle aura trouvé un thérapeute qui aura su l'aider sans lui extraire sa dent.
Modération
Attention, je ne veux pas dire en vous présentant ce cas comme celui de BENOÎT, que toutes les personnes en demande d'extractions ont un problème psychologique. Certains cas sont justifiés et demandent alors un examen approfondi (incluant des tests énergétiques spécifiques) de la part du dentiste-thérapeute avant de décider l'acte irréversible qu'est l'extraction. Il n'est cependant pas inutile pour chaque patient d'examiner ses motivations et de se demander si l'extraction réclamée ne cristallise pas un autre problème ou un espoir, parfois utopique, de guérison.
* Le Dictionnaire du langage de vos dents et Langage des dents, l'essentiel parus aux éditions Luigi castelli
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16 Février 2008 à 18:09 dans
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