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Dent dévitalisée et dentisterie énergétique

Dents dévitalisées: conséquences des extractions

Ou comment en croyant régler un problème on en crée d'autres

Personne ne va se faire extraire une dent de gaieté de cœur. Les patients qui acceptent de se faire amputer d'une ou plusieurs dents ont de bonnes raisons de le faire. Tous espèrent obtenir une guérison ou au moins une amélioration de leurs problèmes de santé. Les bruits qui circulent à propos de guérisons miraculeuses obtenues après extractions de dents dévitalisées sont légions. Se débarrasser de ses dents dévitalisées guérirait du cancer (pas moins) et de toutes les maladies dont souffrent la plupart de nos contemporains : du simple mal de dos à la fatigue chronique.
Il faut savoir cependant qu'il en va de la pratique des extractions comme d'un pèlerinage à Lourdes. Beaucoup consentent au sacrifice de leurs dents et beaucoup sont déçus. Les bénéfices parfois spectaculaires obtenus dans certains cas ne doivent pas nous faire oublier les conséquences graves, hélas irréversibles, engendrée par la perte de l'organe dentaire.

Comme nous l'expliquions dans un précédent article, une dent dévitalisée continue de jouer un rôle essentiel grâce au ligament, bien vivant même sur une dent dévitalisée. Le ligament envoie lors des contacts dentaires des informations au cerveau lui permettant d'ajuster la posture par rapport à la pesanteur et à la verticalité. Arracher des dents revient à s'amputer de perceptions dont le manque est de nature à perturber l'organisation posturale dans l'espace.


Occlusion, ATM et posture

Mais il y a plus grave. Par leur engrènement, encore appelé occlusion, les dents, en particulier les molaires, assurent le calage de la mâchoire du bas dans une position qui respecte à la fois le fonctionnement de l'articulation des mâchoires et celui des chaînes musculaires qui parcourent le corps de la tête aux pieds. Toute extraction entraîne un affaissement de la mâchoire du bas, qui a pour conséquence directe une compression de l'articulation. Cette compression est responsable à terme d'un ensemble de symptômes regroupés sous le terme de SADAM. Autre conséquence, les chaînes musculaires entrent en contraction permanente du côté où les dents manquent, ce qui crée une vrille de la posture, avec à la clé toutes sortes de problèmes de dos et d'articulation (arthrite, arthrose, etc.).

Il est donc hautement probable que des extractions vont créer un problème de dos, bien plus qu'elles ne vont le soulager.

 
Un exemple parmi d'autres

Madeleine, soixante ans, a des dents dans un état plutôt satisfaisant. À son âge, elle a la chance de les avoir conservées toutes vivantes, à l'exception d'une seule, la première molaire en bas à droite. Précisons que cette dent est radiologiquement saine, sans signe d'infection et cela depuis de nombreuses années.

Mais voilà, Madeleine a entendu parler de la dangerosité potentielle des dents dévitalisées. Madeleine est en excellente santé mais… on ne sait jamais. Et si cette dent lui occasionnait finalement des ennuis ? Prétextant le délabrement et pour s'éviter des problèmes futurs, Madeleine demande à son dentiste de lui extraire cette molaire. Nous avons vu avec le cas de Myriam que les dentistes accèdent plus facilement à ce type de demande quand il s'agit de molaires. Refusant l'implant qui lui est proposé, Madeleine opte pour un appareil partiel en résine pour remplacer la molaire extraite. Hélas l'appareil n'évite pas l'affaissement de la mâchoire qui survient dans les mois qui suivent l'extraction. Il en résulte une inévitable compression de l'articulation de la mâchoire côté droit. Les muscles masticateurs se contracturent pour s'adapter au raccourcissement causé par l'affaissement. Madeleine souffre désormais d'un point de compression permanent au niveau de la tempe droite. À ce niveau, les veines, devenues bleues, ressortent. "Quoi faire à présent ?" s'inquiète Madeleine, effrayée de voir ainsi son visage déformé.

 
Prudence et discernement
 
Des cas comme celui de Madeleine sont hélas légion. En admettant que cette dent ait effectivement représenté une source de nuisance pour Madeleine (ce qui reste à prouver), était-il sage de troquer une perturbation pour une autre, assurément invalidante et du reste quasiment impossible à traiter ?
Il n'est pas question de conclure de cet exemple qu'il ne faut jamais extraire de dent dévitalisée mais que cette thérapeutique radicale est à réserver aux cas bien précis pour lesquels les bénéfices médicaux espérés (maladie grave) sont supérieurs aux effets secondaires des extractions.

Note: en complément, nous renvoyons le lecteur aux très nombreux ouvrages écrits sur l'articulation des mâchoires ou ATM. Parmis ceux-ci, signalons le Pratikadent, ouvrage didactique qui traite, entre autres, de l'ATM, de l'occlusion et de la posture d'une manière synthétique et accessible à tous.

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Une dent dévitalisée est-elle un organe mort ?

On lit les propos les plus alarmistes sur les dents dévitalisées. La dent dévitalisée serait un organe mort, "une épine infectée et empoisonnée plantée dans le corps".

Soyons sérieux, le corps sait parfaitement éliminer un organe mort. Une esquille osseuse par exemple, un petit fragment d'os fracturé au moment d'une intervention et que le chirurgien a malencontreusement oublié, va être éliminée spontanément par le corps. De même, un fragment de dent ou encore une épine enfoncée dans la chair ressortiront tôt ou tard, naturellement expulsés par le corps.

Or, ce n'est pas le cas pour une dent dévitalisée qui continue de tenir, solidement plantée dans la mâchoire. Pourquoi donc ?

 
À l'inverse, des dents, tout ce qu'il y a de plus vivantes, sont, elles, littéralement expulsées de la mâchoire par le phénomène de déchaussement. Le rejet en est si total qu'il arrive fréquemment que la dent tombe d'elle-même et que la gencive se referme sous elle sans la moindre goutte de sang.

 
Pourquoi un organe soit disant mort n'est-il pas expulsé ?


Dire qu'une dent dévitalisée est un corps mort est une demi-vérité, une caricature dont se servent les promoteurs des extractions pour justifier leur pratiques systématiques. La réalité biologique est toute autre. Une partie seulement de la dent a été "tuée": la partie centrale qu'on nomme nerf ou pulpe ou encore paquet vasculo-nerveux. Ce noyau central est sectionné et extirpé de la cavité centrale de la dent qui l'abrite au moment de la dévitalisation. Mais si la dent reste solidement ancrée dans l'os de la mâchoire, c'est parce que la partie nommée ligament alvéolo-dentaire, reste, elle, bien vivante. Le ligament est une sorte de coussin fibro-élastique qui relie la dent à l'os. Le ligament est comme une gaine richement innervée qui entoure les racines. Cette innervation périphérique n'est pas éliminée par la dévitalisation. Il est en revanche fréquent que le ligament soit irrité par les instruments qui servent à dévitaliser la dent. Cette irritation se traduit par ces fortes douleurs pulsatiles dont certaines personnes se plaignent après l'intervention. C'est aussi cette innervation périphérique, par opposition à l'innervation centrale qu'est le nerf, qui est responsable de certaines douleurs au chaud, au froid ou même au sucré ou à l'acide ressenties par certaines personnes sur leurs dents dévitalisées, souvent au grand étonnement du dentiste.

 
Un organe partiellement vivant 
 
La dent dévitalisée est donc un organe partiellement mort, si on considère le verre à moitié vide, ou partiellement vivant si on se place du point de vue du verre à moitié plein. C'est à la vitalité du ligament que la dent doit de pouvoir continuer de rester en place sur l'arcade. À l'inverse, si le ligament dégénère, comme c'est le cas quand la dent se déchausse, la dent est expulsée irrémédiablement comme le corps étranger qu'elle devient alors.

 
Un organe utile
 
Sa vitalité partielle grâce au ligament, fait de la dent un organe qui continue de rendre de précieux services. D'abord, vous pouvez continuer de mastiquer avec, même si elle est fragilisée et qu'il faut souvent la protéger par une couronne. La dent continue de jouer son rôle de calage des machoires, si essentiel à une posture équilibrée. Ensuite, l'innervation périphérique, toujours présente, continue de faire de la dent un capteur d'information. À  chaque fois que vos dents entrent en contact, les capteurs nerveux du ligament envoient des informations au cerveau qui ajuste en retour la posture dans la verticalité. Même dévitalisée, la dent continue de jouer son rôle de capteur sensoriel et à ce titre est précieuse. Des études ont montré que l'édentation accélère le vieillissement, entraîne une perte de la capacité à se repérer dans l'espace, accélère la perte de mémoire et des capacités cognitives. Les personnes édentées deviennent plus rapidement impotentes et dépendantes que celles qui ont conservé leur capital dentaire et la capacité de mastiquer.

 
 
Un organe irremplaçable
 
Alors, oui, bien évidemment, des dents saines, c'est mieux. Mais des dents dévitalisées, c'est mieux que rien. Et surtout, ne comptez pas sur les implants pour remplacer vos précieux organes disparus. L'implant est un corps étranger que l'organisme tolère grâce à cette propriété qu'ont les cellules osseuses d'adhérer à la surface du matériau et qu'on nomme ostéo-intégration. Mais l'implant ne joue en aucun cas le rôle de capteur car il ne possède pas de ligament.

En outre, le titane n'est pas le matériau idéalement toléré qu'on veut nous faire croire.
 
À ce sujet, je renvoie les lecteurs intéressés à cet ARTICLE SUR LE TITANE, écrit par un des rares auteurs à oser aborder ce sujet tabou.
 
 
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Dent dévitalisée : raison médicale ou extrémisme ?

Ce qui m'a frappé en tant que médecin-dentiste chez les personnes, professionnels ou patients, qui prônent ou réclament l'extraction systématique des dents dévitalisées, c'est l'aspect extrême et entier de leur discours, c'est du moins ainsi que je l'ai perçu chez les personnes qu'il m'a été donné de cotoyer.


Une rencontre singulière

Il y a quelques années, j'ai eu l'occasion de donner une conférence dans le cadre d'un salon bio.
 
Bien que ma conférence traita des dents et de la dentisterie holistique, je n'abordais pas le problème des dents dévitalisées, hors sujet dans le contexte.
 
Après la conférence, alors que je répondais aux questions des auditeurs, un homme au regard fixe m'aborde en m'apostrophant:
- "vous n'avez pas parlé des dents dévitalisées !" me dit-il.
- "Euh, non… ce n'était pas le sujet, me semble-t-il" répondis-je.
 
Et l'homme de s'emporter : "Mais il faut en parler ! Les dents dévitalisées sont dangereuses…". Je laissais parler cet homme dont j'ai vite compris à son débit hâché et à son regard qui ne me voyait pas qu'il était plongé dans son discours et inaccessible à tout raisonnement. je renonçais rapidement à lui faire entendre un point de vue plus nuancé.
 
En apparté, après la conférence, il m'expliqua qu'il était dentiste et qu'il s'était spécialisé dans l'extraction des dents dévitalisées qu'il remplaçait par des appareils amovibles en plastique. Il me dit ainsi obtenir des guérisons spectaculaires de problèmes devant lesquels la médecine était impuissante.
 
 
 
Les candidats aux extractions
 
Il y a les arracheurs qui prônent l'extraction comme recours systématique à une pathologie, avérée ou supposée, d'un côté et de l'autre, les patients qui réclament, voire appellent les extractions qu'ils imaginent salvatrices de maux réels ou préventives de troubles redoutés comme le cancer.
 
Je vous livre le récit de deux cas vécus, tirés de mon expérience:
 
MYRIAM ET L'AUTO-MUTILATION
 
BENOÎT ET LES EXTRACTIONS CATHARTIQUES
 
 
 
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Dent dévitalisée et auto-mutilation

Une demande peu banale 
 
Environ la trentaine, en bonne santé, Myriam me demande de lui extraire la seule dent dévitalisée qui lui reste: une incisive centrale en haut à droite.
 
J'examine sa radio panoramique. Il lui manque les quatre premières molaires. Elle m'explique que ces quatre dents, dévitalisées, ont été extraites à sa demande par un précédent dentiste. En effet, Myriam, a lu dans un magazine que les dents dévitalisées sont toxiques et depuis, elle n'a qu'une idée, se faire extraire ces organes qu'elle croit dangereux pour sa santé.
 
Le dentiste qui a consenti à l'extraction des molaires délabrées, refuse catégoriquement de faire subir le même sort à l'incisive centrale de Myriam. On le comprend : radiologiquement, la dent est saine, la racine correctement traitée et sans le moindre signe d'infection. Extraire cette dent, par ailleurs peu abîmée, serait défigurer irrémédiablement le sourire de Myriam. D'autant plus que celle-ci n'a pas les moyens de financer une prothèse de remplacement mais se dit prête à rester édentée !
 
Myriam me demande de procéder à l'extraction, insiste, supplie même. Je refuse catégoriquement. Elle tente d'infléchir ma décision en se disant prête à s'infliger elle-même cette mutilation si aucun dentiste n'accepte de le faire. Elle part, furieuse, en claquant la porte. Je ne la reverrai jamais.
 
 
Note importante
 
Extraire une dent radiologiquement saine, donc sans motif médical valable, même à la demande expresse du patient et avec sa signature de décharge, expose le dentiste à des poursuites ultérieures du patient déçu de n'avoir pas obtenu la guérison espérée et à une condamnation. Dans un cas semblable, le juge estime que le dentiste n'a pas à donner suite à un acte qu'il estime médicalement injustifié, même avec demande expresse du patient. Cette loi qui trouve ses limites, il est vrai, est faite pour protéger certains patients d'eux mêmes, comme Myriam.
 
 
 
Quand le problème est ailleurs
 
Cette jeune femme, par ailleurs en pleine santé, faisait d'évidence une fixation sur ses dents dévitalisées et je ne suis pas loin de penser, comme le Dr Estelle Vereeck l'explique très bien dans ses livres*, que l'incisive que Myriam voulait à toute force faire extraire, représentait une facette d'elle-même (l'image féminine, d'après le décodage d'Estelle Vereeck), cristallisant une mémoire négative que la jeune femme cherchait inconsciemment à évacuer. J'ignore ce qu'est devenue Myriam mais j'espère de tout cœur qu'elle aura trouvé un thérapeute qui aura su l'aider sans lui extraire sa dent.
 
 
 
Modération
 
Attention, je ne veux pas dire en vous présentant ce cas comme celui de BENOÎT, que toutes les personnes en demande d'extractions ont un problème psychologique. Certains cas sont justifiés et demandent alors un examen approfondi (incluant des tests énergétiques spécifiques) de la part du dentiste-thérapeute avant de décider l'acte irréversible qu'est l'extraction. Il n'est cependant pas inutile pour chaque patient d'examiner ses motivations et de se demander si l'extraction réclamée ne cristallise pas un autre problème ou un espoir, parfois utopique, de guérison.
 
 
* Le Dictionnaire du langage de vos dents et Langage des dents, l'essentiel parus aux éditions Luigi castelli 
 
 
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 (Suite)

Dents dévitalisées : extractions cathartiques


Benoît est un jeune homme d'environ trente-cinq ans. Après examen de sa bouche et de sa radio panoramique, je déclare sa bouche saine et lui propose de revenir dans six mois.
 
 
Au lieu de se réjouir, Benoît m'avoue alors le motif de sa visite: se faire extraire les sept dents dévitalisées qu'il a en bouche. J'examine à nouveau ses radios. J'ai beau les scruter à la loupe, je ne descelle pas la moindre trace d'infection.
 
Les racines ont été retraitées récemment dans les règles de l'art par un dentiste naturopathe qui a en outre déposé les plombages et les a remplacé pour certains par des résines et pour d'autres par des inlays en céramique. Je ne peux que m'incliner devant la qualité du travail.
 
 
Extractions purificatrices 
 
En discutant plus avant avec Benoît sur ses motivations, il m'avoue avoir fait déposer ses plombages pour se purifier le corps et l'esprit. Mais il m'explique que cela ne suffit pas, il lui à présent éliminer ces corps morts qui lui "polluent" la bouche et le corps, autant d'organes sans vie qu'il ne peut plus supporter. Je tente d'argumenter: "mais vous êtes jeune, êtes-vous prêt à porter un appareil, une prothèse?"
 
 
Benoît balaie l'argument d'un revers de main: "je suis prêt à rester sans dents, ça ne me dérange pas", réplique-t-il d'un ton sans appel. Je tente alors de lui expliquer l'incidence des extractions sur la posture, sur son visage même qui va s'affaisser, faute d'appui molaires. Rien n'y fait, Benoît s'entête: il doit se purifier. Je refuse bien sûr de procéder aux extractions médicalement injustifiées. Je ne reverrai jamais Benoît.
 
 
 
La racine du problème
 
C'est une opinion qui n'engage que moi mais je pense que le problème, dans le cas de Benoît comme dans celui de MYRIAM n'était pas biologique mais psychologique. Tous deux avaient lu des articles sur la toxicité provoquée par les dents dévitalisées et tous deux n'avaient qu'une idée: évacuer ces supposées sources de toxines de leur corps. Rien n'aurait pu les faire démordre de cette idée, c'est le cas de le dire. Ils l'ont peut-être regretté lorsqu'ils se sont retrouvés avec une bouche édentée et une qualité de vie altérée. Il était malheureusement trop tard.
 
 
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